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Olivier Truc, "Le dernier Lapon Poche"

Posted By: TimMa
Olivier Truc, "Le dernier Lapon Poche"

Olivier Truc, "Le dernier Lapon Poche"
Publisher: Sixtrid | 2014 | French | MP3 128 Kbps | Lenght: 14:49:22 | 741.39 Mb

Kautokeino, Laponie centrale, 10 janvier. Nuit polaire, froid glacial. Demain le soleil, disparu depuis 40 jours, va renaître. Demain entre 11h14 et 11h41, Klemet va redevenir un homme, avec une ombre. Demain le centre culturel va exposer un tambour de chaman légué par un compagnon de Paul-Émile Victor.
Mais dans la nuit, le tambour est volé. Les soupçons iront des fondamentalistes protestants aux indépendantistes sami. La mort d'un éleveur de rennes n'arrange rien à l'affaire. La Laponie, si tranquille en apparence, va se révéler terre de conflits, de colères et de mystères. Klemet, le Lapon, et sa jeune coéquipière Nina, enquêteurs de la police des rennes, se lancent dans une enquête déroutante. Mais à Kautokeino, on n'aime guère les vagues. Ils sont renvoyés à leurs patrouilles en motoneige à travers la toundra, et à la pacification des éternelles querelles entre éleveurs de rennes.
Les mystères du 72e tambour vont les rattraper. Pourquoi en 1939 l'un des guides sami a-t-il confié à l'expédition française ce tambour, de quel message était-il porteur ? Que racontent les joïks traditionnels que chante le vieil oncle de Klemet ? Que vient faire en ville ce Français qui aime trop les très jeunes filles et qui a l'air de si bien connaître la géologie de la région ? À qui s'adressent les prières de la pieuse Berit ? Que cache la beauté sauvage d'AsIak, qui vit en marge du monde moderne avec sa femme à moitié folle ?
Dans un paysage incroyable, des personnages attachants et forts nous plongent aux limites de l'hypermodernité et de la tradition d'un peuple luttant pour sa survie culturelle. Un thriller magnifique et prenant, écrit par un auteur au style direct et vigoureux, qui connaît bien la région dont il parle.
1693.
Laponie centrale.

Aslak trébucha. Signe de fatigue. Normalement, ses pas trouvaient toujours. Le vieil homme n'avait pas lâché son paquet. Il roula sur lui-même. Le choc fut amorti par la couche de bruyère. Un lemming s'en échappa. Aslak se redressa. D'un coup d'oeil derrière lui, il estima la distance de ses poursuivants. Les aboiements approchaient. Il lui restait peu de temps. Il reprit sa course silencieuse. Le visage creusé et des pommettes rebondies lui donnaient un air mystique. Ses yeux étaient enflammés. Ses pieds trouvaient à nouveau seuls la trace. Son corps se dédoublait. Il sourit, respira plus vite, à s'en faire tourner la tête, léger, le regard aiguisé, les pas infaillibles. Il savait qu'il ne chuterait plus. Il savait aussi qu'il ne survivrait pas à cette nuit doucereuse. Ils le pistaient depuis trop longtemps. Cela devait finir. Il ne perdait pas un détail de ce qui l'entourait, le plateau qui s'élevait, le mouvement des pierres, la berge élégante du lac à la forme de tête d'ours, les montagnes au loin, pelées, douces, où ses yeux distinguaient des rennes assoupis. Un torrent s'écoulait. Il s'arrêta, le souffle à peine haletant. Ici. Il fixa les lieux. Le torrent qui s'écoulait et se déversait dans le lac, les traces de rennes qui filaient dans la montagne vers l'est, où la lueur du soleil à venir indiquait le début de sa dernière journée. Il resta grave, serra son paquet. Un petit îlot s'élevait dans un coin du lac. Il s'en approcha, trancha des branches de bouleau nain à l'aide de son couteau. L'îlot était couvert de bruyère et d'arbrisseaux. Les aboiements se rapprochaient. Il se déchaussa, jeta dans l'eau les branches pour éviter de laisser ses traces dans la vase. Il continua ainsi jusqu'au rocher, grimpa, souleva les bruyères et enfouit son paquet. Il rebroussa chemin, puis il reprit sa course. Il n'avait plus peur.
Les chiens couraient toujours. Plus près. Les hommes ne tardèrent pas à apparaître derrière le sommet de la colline. Aslak fixa une derrière fois le lac, le torrent, le plateau, l'îlot. Les reflets mauve-orangé du soleil marbraient les nuages. Il courait, et pourtant il sentait que ses pas ne le portaient plus. Il fut bientôt rattrapé par les chiens, des dogues qui l'entourèrent en grognant sans le toucher. Il ne bougea plus. C'était fini. Les hommes étaient là, le souffle court, les yeux exorbités. Ils transpiraient, l'air mauvais. Mais les yeux pleins de crainte aussi. Leurs tuniques étaient écorchées, leurs chausses détrempées et ils s'appuyaient sur les bâtons. Ils attendaient. L'un d'eux s'approcha. Le vieux Lapon le regarda. Il savait. Il avait compris. Il avait déjà vu, par le passé. L'homme évitait le regard du Lapon, il passa derrière lui.
Le vieux eut le souffle coupé quand le coup violent lui fit éclater la joue et lui brisa la mâchoire. Le sang gicla d'un coup. Il tomba à genoux. Un deuxième coup de bâton allait tomber. Le Lapon était chancelant, choqué, même s'il avait tenté de préparer son corps. Un homme sec arriva. L'autre retint son geste et reposa son bâton. Il demeura en retrait. L'homme sec était vêtu de noir. Il jeta un regard froid à Aslak, puis à l'homme au bâton, qui recula de deux pas, le regard fuyant.
- Fouillez-le.
Deux hommes s'avancèrent, heureux que le silence soit brisé. Ils lui arrachèrent brutalement son manteau.
- Allez, diable de sauvage, ne résiste pas.
Aslak était silencieux. Il ne résistait pas. Mais ces hommes avaient peur. La douleur le gagnait. Le sang coulait. Les hommes le tiraillaient, l'obligèrent à baisser son pantalon en peau de renne, lui arrachèrent ses chausses, son bonnet à quatre coins que l'un d'entre eux jeta au loin en prenant soin de cracher dessus. L'autre lui prit son couteau en bois de renne et en bouleau.
- Où l'as-tu caché ?
Le vent soufflait maintenant sur la toundra. Cela lui fit du bien.


Olivier Truc, journaliste, correspon­dant à Stockholm du journal Le Monde et du Point, se risque ainsi, à son tour, au polar ethnologique. Avec un beau succès ! Son roman a le charme un peu inquiétant des paysages qu'il met en scène, quand les immenses étendues désertiques disparaissent sous la neige et recèlent de multiples pièges…
Olivier Truc montre les bouleversements contemporains, les luttes politiques entre autonomistes samis et partis d'extrême droite, les convoitises suscitées par les richesses minières du territoire lapon. Sans que jamais la fiction soit écrasée par l'érudition. (Michel Abescat - Télérama du 21 novembre 2012)

Avec Le Dernier Lapon, cet écrivain français installé à Stockholm inaugure les enquêtes de la police des rennes en pays sami…
Correspondant du Monde à Stockholm depuis 1994, Olivier Truc est assurément fin connaisseur de cet univers glacé, hostile en tout point. Et son érudition sur le sujet n'est pas pour rien dans le succès de ce charmant premier roman. Loin des polars scandinaves traditionnels, son Dernier Lapon penche vers le polar ethnique, genre popularisé par les enquêtes en pays navajo de Tony Hillerman, ou les tribulations aborigènes d'Arthur Upfield. C'est au son des joiks, ces chants traditionnels du Grand Nord, qu'on découvre la richesse et la fragilité de la culture sami, aujourd'hui prise en étau entre tradition et modernité, autonomie politique et développement minier. Ajoutez à cela un style vigoureux et une intrigue bien ficelée, jusqu'à un final éblouissant, et vous comprendrez pourquoi on reviendrait bien s'aventurer un jour dans ce paradis blanc… (Julien Bisson - Lire, avril 2013)


Olivier Truc est journaliste depuis 1986, il vit à Stockholm depuis 1994 où il est le correspondant du Monde et du Point. Spécialiste des pays nordiques et baltes, il est aussi documentariste. Auteur de la biographie L'Imposteur (Calmann-Lévy), il écrit ici son premier roman.


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