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Suketu Mehta, "Bombay Maximum City"

Posted By: TimMa
Suketu Mehta, "Bombay Maximum City"

Suketu Mehta, "Bombay Maximum City"
Publisher: Buchet Chastel | 2006 | ISBN: 2283021669 | French | PDF | 780 pages | 3.78 Mb

De retour à Bombay en 1998, après une absence de vingt et un ans, Sukety Mehta est frappé par les métamorphoses de la ville tant aimée de son enfance : il décide d'en aborder tous les extrêmes et pour commencer, celui des émeutes de 1992-1993 entre hindous et musulmans. Ce conflit le propulse au coeur des violences de la guerre des gangs pour le contrôle de la vie politique et économique de la cité, une guerre souvent orchestrée par des parrains mafieux installés à Dubaï ou au Pakistan. L'auteur prend le risque de nouer des liens personnels, avec à la fois des tueurs sans merci et des indicateurs de la police, pour mieux nous guider dans le labyrinthe du crime organisé au sein d'une ville corrompue. Parmi les myriades de personnages du livre, il y a Mona Lisa qui, après une enfance de misère à l'image de celle des millions de déshérités des bidonvilles de Bombay, est devenue une belle danseuse, une entraîneuse capiteuse qui, la nuit venue, enflamme les désirs des hommes dans les bars chauds de la ville ; certains soirs on y rencontre même Honey/Manoj " une femme née homme par erreur ", que Suketu Mehta suit aussi dans sa double vie. Avec son millier de films par an produits par l'industrie cinématographique de Bombay, Bollywood n'a aujourd'hui plus rien à envier à Hollywood : là encore, Suketu Mehta nous convie avec complicité derrière les décors de ses studios. Passionnée, intimiste, émouvante, courageuse, impudique, tout à tour drôle et déchirante, cette formidable biographie urbaine initie un nouveau genre littéraire. De même l'hallucinante Bombay, la plus grande mégapole d'Asie, préfigure la génération des mégapoles surpeuplées de demain.

Suketu Mehta est écrivain et journaliste. Ses écrits sont publiés par le New York Times Magazine, Granta, Harper's Time et le Village Voice. Il a également coécrit avec Vinod Chopra le scénario du film Mission Kashmir. Suketu Mehta vit à New York avec ses deux enfants.
Géographie personnelle

La ville de Bombay sera bientôt plus peuplée que le continent australien. URBS PRIMA IN INDIS, annonce la plaque apposée sur la Porte de l'Inde. Bombay est d'ailleurs Urbs prima in Mundis à un égard au moins, premier indice de la vitalité d'une ville : la taille de sa population. Avec ses quatorze millions d'habitants, c'est la plus grande métropole de la planète colonisée par la race des citadins. Bombay, ou l'avenir de la civilisation urbaine terrestre. Que Dieu nous garde.
J'ai quitté Bombay en 1977. Quand j'y suis revenu, vingt et un ans plus tard, ma ville avait grandi et était devenue Mumbai. Vingt et un ans : le temps qu'il faut à un être humain pour naître, s'instruire, atteindre l'âge requis pour boire, se marier, conduire une voiture, voter, faire la guerre, tuer ses semblables. Au cours de ce long laps de temps, je n'ai pas perdu mon accent. Je parle comme les gens de Bombay ; c'est à cela qu'on me reconnaît à Kanpur ou dans le Kansas. «D'où êtes-vous ?» Quel que soit l'endroit où je me trouve - Paris, Londres, Manhattan - je finis toujours par répondre «de Bombay». Sous le désastre actuel - une vraie catastrophe urbaine - se trouve, enfouie quelque part, la cité qui a tous les droits sur mon coeur : belle ville de bord de mer, État oasis d'espoir dans un très vieux pays. Je suis retourné la chercher avec en tête une question simple : est-ce bien chez moi, ici ? Au cours de cette quête, j'ai trouvé mes cités intérieures.
Je suis un garçon des villes. Calcutta, où j'ai vu le jour, est extrême à tous points de vue. Après ma naissance, mes parents sont partis pour Bombay où j'ai vécu neuf années. Ensuite ce furent huit ans à Jackson Heights, à New York; puis un an, avec des coupures, à Paris; cinq à Manhattan, dans l'East Village; et quelque douze mois, mais discontinus, à Londres. Seules exceptions : trois ans dans la très peu urbaine Iowa City et deux autres à New Brunswick, dans le New Jersey - guère mieux que des campus universitaires qui m'ont préparé à revenir à LA ville. Mes deux enfants sont nés dans une grande métropole, à New York. C'est par choix que je vis en ville et je suis à peu près sûr que j'y mourrai. A la campagne, je ne sais jamais trop comment m'occuper, même si j'aime assez aller y passer le week-end.


Ce livre n'est pas seulement une incroyable enquête sur la ville et ses habitants, c'est une méditation sur les aspirations existentielles et spirituelles, sur le sexe, l'amour, la violence et la loi, c'est aussi un récit très intime. Suketu Mehta a 14 ans quand il quitte Bombay pour New York. En Amérique, il passe son temps à rêver de l'Inde….
Qu'est-il arrivé à la ville qu'il a quittée ? Pour le comprendre, Mehta passe deux ans et demi à traîner, jour et nuit, avec toutes sortes de Bombayites : prostituées, politiciens, danseuses de bar, stars de Bollywood, architectes, informaticiens et poètes. (Natalie Levisalles - Libération du 2 novembre 2006 )


Suketu Mehta, "Bombay Maximum City"