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Collectif, "Histoire secrète de la corruption: Sous la 5e République"

Posted By: TimMa
Collectif, "Histoire secrète de la corruption: Sous la 5e République"

Collectif, "Histoire secrète de la corruption: Sous la 5e République"
Nouveau Monde | 2014 | ISBN: 2369420944 | Français | AZW3/EPUB/PDF | 623 pages | 1.2/0.9/3 MB

Inflation des campagnes électorales, financement des partis politiques, comptes en Suisse, emplois fictifs, résidences d’élus… D’une ampleur inédite, ce panorama brosse l’histoire des grandes « affaires » de corruption en France depuis le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958 jusqu’aux plus récents scandales. On découvre ici une corruption omniprésente, qui prend des formes différentes à chaque époque, mais de plus en plus sophistiquées depuis les lois de moralisation de la vie politique édictées dans les années 1990.
Loin de se limiter aux hommes et femmes politiques, ce récit riche en péripéties traque aussi la corruption au sein de nombreuses professions emblématiques : la police, les services secrets, la justice, les médias, le sport… Tous les grands « corrupteurs » sont mis à nu : les bâtiments et travaux publics, la distribution d’eau et la propreté, l’armement, la grande distribution, le pétrole…
Cet ouvrage est rythmé par de nombreux portraits des principaux acteurs de la corruption « à la française ». Cette somme sans précédent éclaire d’une lumière crue les coulisses de la vie politique de notre pays, mettant en perspective des pratiques et des méthodes qui perdurent malgré les engagements répétés et le renforcement des contrôles. Il apporte de nombreuses révélations et anecdotes inédites sur des affaires dont on croyait tout connaître."
Jamais le thème de la corruption n'a été si omniprésent à la «une» des journaux français que dans les années 2010. Ce n'est sans doute pas un hasard : la crise financière, économique et politique qui fait rage depuis 2008 rend aujourd'hui intolérable pour beaucoup le moindre avantage indu, le moindre enrichissement suspect, la moindre manipulation inhabituelle. Ce qui pouvait il y a quelques décennies être commenté avec distance et nourrir les sketches des humoristes suscite aujourd'hui désenchantement et colère, en priorité contre le personnel politique, et fait le jeu des extrêmes. Certes les citoyens attendent avant tout un meilleur marché de l'emploi, de meilleures conditions de vie… mais devant l'impuissance croissante de l'État, les affaires de corruption, d'où qu'elles viennent, leur sont de plus en plus intolérables.
Pour autant, nos fonctionnaires, juges, policiers, politiques sont-ils aujourd'hui plus corrompus que ne l'étaient leurs prédécesseurs des années i960 ? La corruption est-elle une fatalité éternelle ? Peut-elle être efficacement combattue ? Seule une approche historique permet de répondre à ces questions. Mieux qu'un essai comme il en existe déjà, il nous a semblé qu'un large panorama s'imposait pour comprendre le chemin parcouru par la Ve République et ses principales figures, parce qu'il n'y a pas une corruption mais une myriade de corruptions, parcourant toutes les teintes de gris entre le noir et le blanc. Parce que derrière le système, il y a des hommes et des femmes, animés par des idéologies, pris dans des rapports complexes de pouvoirs, de solidarités, de compétitions; mus par des logiques, des ambitions et aussi des failles personnelles. Pour juger d'affaires complexes, il faut donc naviguer en permanence de la grande histoire à la biographie, du contexte politique aux errements personnels.
Qu'est-ce que la corruption ? La réponse à cette question est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît. Faut-il la prendre au sens métaphorique ? Peut-on l'utiliser comme un concept, une catégorie capable de rendre compte d'une réalité ? Que l'on soit historien, juriste, philosophe, sociologue, journaliste ou simple citoyen, chacun se fait une idée différente de ce que représente la corruption. Si Aristote y voyait dans le traité De la génération et de la corruption une altération progressive et inéluctable des êtres naturels iphtora), d'autres penseurs de la Grèce antique, tels Platon ou Thucydide, l'associaient déjà à la notion d'impureté, de saleté qui aujourd'hui l'imprègne. Néanmoins, il faudra attendre Machiavel, c'est-à-dire le début du XVIe siècle, pour trouver un concept proprement politique de corruption, qui ne soit ni métaphorique, ni théologique, ni même moral, mais articulé sur l'examen concret de la société florentine, et notamment des principaux acteurs de la vie publique. Est-ce à dire que l'histoire de la corruption commence à la Renaissance ? Évidemment non ! La corruption est vieille comme le monde, et elle n'a pas attendu l'usage du «pot-de-vin», apparu lui aussi au XVIe siècle avec la connotation très innocente du «pourboire», pour gangrener les pratiques sociales et l'exercice du pouvoir. Que l'on se souvienne par exemple du propréteur de Sicile Caius Licinius Verres, accusé de concussion et de fraude par Cicéron en 69 av. J.-C. ! Sans remonter si loin, toute l'histoire de France est remplie de scandales de pouvoir ou d'argent, qui font remonter à la surface les petits travers ou les grandes perversions des gouvernants. Il suffit d'évoquer l'armoire de fer de Mirabeau, icône de la Révolution française mais stipendié par Louis XVI, les déboires de Jean-Baptiste Teste et du général Cubières, ministres corrompus sous Louis-Philippe, le parfum sulfureux qui plane sous le Second Empire autour du duc de Momy, demi-frère et conseiller de Napoléon III, le scandale de Panama, dévoilant plus d'une centaine de parlementaires «chéquards» en 1892, ou encore l'affaire Stavisky, qui faillit mettre le feu à la République en février 1934.