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Donatien Alphonse François de Sade, "La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux"

Posted By: TimMa
Donatien Alphonse François de Sade, "La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux"

Donatien Alphonse François de Sade, "La philosophie dans le boudoir ou Les instituteurs immoraux"
2011 | ISBN: 2080712500 | Français | EPUB | 240 pages | 0.7 MB

Incarcéré une première fois en 1768 pour affaires de moeurs, le marquis de Sade a passé la majeure partie de sa vie derrière les barreaux. En 1795, alors qu'il vient d'échapper de justesse à la guillotine et qu'il goûte à sa liberté retrouvée, paraît anonymement La Philosophie dans le boudoir ou les Instituteurs immoraux, adressé à tous les «aimables débauchés» et à toutes les «femmes lubriques». Dans ce roman, censuré jusqu'au XXe siècle, la forme du dialogue philosophique est détournée au profit du libertinage le plus licencieux : trois débauchés entreprennent de faire l'éducation sexuelle d'une ingénue droit sortie du couvent… Mais cette oeuvre, écrite en pleine bascule de l'Ancien Régime à l'époque moderne, a aussi une portée politique : inséré dans le cinquième dialogue, le célèbre pamphlet «Français, encore un effort si vous voulez être républicains» - qui traite tour à tour de l'imposture religieuse, de la sodomie, du meurtre et de la peine de mort - a participé à la construction posthume d'un Sade utopiste et révolutionnaire.

Présentation, notes, chronologie et bibliographie par Jean-Christophe Abramovici.
AUX LIBERTINS
Voluptueux de tous les âges et de tous les sexes, c'est à vous seuls que j'offre cet ouvrage ; nourrissez-vous de ses principes, ils favorisent vos passions, et ces passions, dont de froids et plats moralistes vous effraient, ne sont que les moyens que la nature emploie pour faire parvenir l'homme aux vues qu'elles a sur lui ; n'écoutez que ces passions délicieuses, leur organe est le seul qui doive vous conduire au bonheur.
Femmes lubriques, que la voluptueuse Saint-Ange soit votre modèle ; méprisez, à son exemple, tout ce qui contrarie les lois divines du plaisir qui l'enchaînèrent toute sa vie.
Jeunes filles trop longtemps contenues dans les liens absurdes et dangereux d'une vertu fantastique et d'une religion dégoûtante, imitez l'ardente Eugénie, détruisez, foulez aux pieds, avec autant de rapidité qu'elle, tous les préceptes ridicules inculqués par d'imbéciles parents.
Et vous, aimables débauchés, vous qui, depuis votre jeunesse, n'avez plus d'autres freins que vos désirs, et d'autres lois que vos caprices, que le cynique Dolmancé vous serve d'exemple ; allez aussi loin que lui, si, comme lui, vous voulez parcourir toutes les routes de fleurs que la lubricité vous prépare ; convainquez-vous à son école que ce n'est qu'en étendant la sphère de ses goûts et de ses fantaisies, que ce n'est qu'en sacrifiant tout à la volupté, que le malheureux individu connu sous le nom d'homme, et jeté malgré lui sur ce triste univers, peut réussir à semer quelques roses sur les épines de la vie.