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Valère Novarina - Collection sur le théâtre

Posted By: TimMa
Valère Novarina - Collection sur le théâtre

Valère Novarina - Collection sur le théâtre
French | EPUB | 17 books | 5.8 MB

Valère Novarina est un auteur de théâtre, essayiste, metteur en scène et peintre franco-suisse, né le 4 mai 1942 à Chêne-Bougeries, dans la banlieue de Genève. …
Le monologue d'Adramélech :
Adramélech, à travers son monologue, vient raconter sa vie. La vie de celui à qui on ne donne pas la parole, tandis que les classes dangereuses babillent. Une vie universelle. C’est l’ouvrier, le petit, le sans-grade qui déblatère jusqu’à plus d’air pour témoigner de sa condition. C’est un bonhomme venu nous dire ses colères, ses peines, ses joies, ses questions, ses doutes et ses inquiétudes. Il est l’ambassadeur d’un monde muet ou muselé, et tout à coup, par trop plein d’air, il craque et dit tout, d’une traite, pour se taire à la fin, vidé, essoufflé…
Falstafe :
Cette pièce reprise au Théâtre national de Chaillot du 12 mars au 5 avril 2008, dans une mise en scène de Claude Buchvald, a été écrite par Valère Novarina en 1975 à partir des première et deuxième parties d’Henri IV de Shakespeare et en prenant comme personnage central celui de Falstaff : «non un homme, mais une barrique à figure humaine, sac de toutes les bestialités, boyau gonflé de tous les vices! […] ce gueux suborneur abominable et bas, ce dindon empiffré de farce jusqu’au col, ce paquet boursouflé de toutes les infamies, ce vieux Satan blanchi, ce fou couvert de rides».
L'acte inconnu :
L'Acte inconnu est une gageure: toute en digressions, qui portent sur Dieu, les violences guerrières, la politique et la société, la mort et surtout le langage; auquel la pièce rend l'hommage le plus original qui soit en doublant le français d'une nouvelle langue presque totalement inventée par l'auteur, le novarinien. Tous les genres se donnent rendez-vous dans L'Acte inconnu: le cirque et le cabaret, l'opérette, la comédie satirique et burlesque, le drame, avec des touches de lyrisme et de philosophie. Ce qui n'entrave nullement la marche d'une histoire, animée et riche en surprises: une douzaine de personnages, plus ou moins typés dans leurs fonctions et leurs silhouettes, élèvent un monument de mots à la mémoire de l'un de leurs compagnons; c'est pour le théâtre le moyen de prouver qu'un acteur ne meurt jamais puisqu'il vit - d'une vie invisible mais impérissable- dans le souvenir des spectateurs. La pièce a été créée dans la Cour d'honneur du Palais des Papes au festival d'Avignon de 2007.
L'Atelier volant :
Huit employés, tellement privés d'identité qu'ils sont appelés dans la pièce par les lettres de l'alphabet, vivent sous la parfaite domination des époux Boucot. Les patrons sont obsédés par la peur d'une révolte des travailleurs et élaborent divers stratagèmes pour contrôler tous les aspects de leur vie, et principalement le langage. L'Atelier volant est la première pièce deValère Novarina. Elle a été écrite de février 1968 à novembre 1970 et publiée dan le n° 5 de Travail Théâtral. Elle a été créée en 1974, à Suresnes, dans une mise en scène de Jean-Pierre Sarrazac.
L'avant-dernier des hommes :
Métamorphose théâtrale d’un chapitre de la Chair de l’homme. « Entre l’Acteur Fuyant autrui : il dit qu’il désire voir la langue. Sur un talus, au milieu des objets, il la multiplie pour la faire apparaître, la voir vraiment, au milieu des herbes, dans sa spirale respirée, dans sa danse tournante – assister à sa passion. La langue n’est plus pour lui quelque chose qui relie, puisqu’il est seul mais quelque chose qui est devant lui comme un théâtre de force, comme un champ magnétique. C’est une antimatière lumineuse qui n’a plus rien d’humain. Une tension de l’espace qui le maintient dans cet instant apparaissant devant nous. »
L'Envers de l'esprit :
Ce livre est plus composé de scènes que de chapitres car il veut approcher quelque chose comme le roman organique de la pensée. La pensée de chacun d’entre nous peut être conçue non seulement comme le drame d’un corps, mais comme un corps dramatique. Quel est le drame de la pensée que chacun d’entre nous porte jusqu’à sa mort tout au fond? Il est sans doute lié à sa respiration même. Ce livre est aussi une suite de gestes. Une mise en mouvement venue d’un toucher. Rien n’est jamais prouvé que par les sens. Le livre est très rimé, assonancé, fuguant, et voudrait édifier quelque chose qui éclôt (qui sort d’enfermement), prouver que l’espace n’est pas devant nous comme un support – un plancher, un plateau – mais qu’il s’ouvre. L’univers est donné. De même que l’acteur ni ne représente ni ne joue ni ne dit, mais donne. «L’esprit respire» était l’un des chapitres de Lumières du corps. Dans L’Envers de l’esprit il devrait être suggéré que l’esprit respire parce qu’il se renverse : et parce qu’il brûle, comme notre respiration qui, toutes les deux minutes, passe un instant par la mort et renaît. Dogmes et systèmes n’ont de sens que s’ils sont inversants, retournants et respirés. Car penser est un drame. S’il y a du système dans les choses spirituelles, il est respiratoire. C’est pourquoi les mots brûlent et c’est pourquoi l’acteur peut être sans cesse observé.
L'équilibre de la croix :
Version scénique d'une partie de "La chair de l'homme" tout comme le fut "Le repas".
L'Équilibre de la Croix, tout comme Le Repas et L'Avant-dernier des hommes, est issu d'un moment de La Chair de l'homme. Ainsi quand il écrit des textes qui ne sont pas directement destinés au théâtre et, aussi, des textes dont la matière est si riche qu'elle peut se décliner à l'infini, Valère Novarina en écrit-il lui même la version scénique. Pour éviter, sans doute, des erreurs d'interprétation. Et très évidemment pour pousser plus loin sa recherche, sa réflexion, son engagement dramatique et littéraire.
L'Espace furieux :
Avec L'Espace furieux Valère Novarina entre au répertoire de la Comédie-Française. Sans doute les Comédiens-Français ont-ils rendez-vous depuis longtemps avec Valère Novarina. Depuis plus de trois siècles qu'ils interprètent les textes du répertoire, leur plus grand amour va à la langue et à l'immense diversité de ses formes. Valère Novarina élargit encore, furieusement, l'espace où se déploie le langage. Ses textes se jouent comme on jongle, avec un lancer souple et précis, un vol rapide et libre, une réception ronde et joyeuse, des phrases, des mots, des syllabes, des sons, du sens. L'Espace furieux se déroule en multiples questions, injonctions, réponses, prophéties, monologues, dialogues, chorals, comme une fête, comme si on pouvait peindre ou composer avec l'alphabet. Cette danse en parole s'accomplit dans l'espace de la scène et dans les corps des comédiens. Qu'ils s'appellent Jean Singulier, Sosie, La Figure pauvre ou Le Vieillard carnatif, les personnages donnent voix au quidam, à l'autre, au marginal, à l'homme incarné, à chacun de nous pour délier son être, débusquer nos angoisses, formuler nos interrogations, réaliser nos envies de cris et de rires, trouver et détourner les sens de la vie. Valère Novarina dévoile un monde insoupçonné, des combinaisons de mots inédites et lumineuses. Il est l'astronome, le chimiste, le mathématicien, l'explorateur autant que le poète. Comme un évangile profane, L'Espace furieux, raconte comment le Verbe se fait chair et comment il agit parmi nous. Histoire essentielle pour les comédiens et fascinante pour tous ceux qui croient au pouvoir de la parole.
L'Opérette imaginaire :
Une opérette, ça chante, ça bouge, ça rit ; on y tourne autour des femmes (pour la bonne cause) et une buée d'érotisme baigne le tout. Novarina ne faillit pas à la tradition et sa verve de parolier a un air " belle époque " à s'y tromper : calembredaines et gaillardises se bousculent dans ses vers de mirliton. Exercice d'école, L'Opérette imaginaire recense, pour les moquer, tous les trucs de la composition dramatique ; elle fait aussi la part la plus belle aux comédiens pour des performances à couper le souffle. Du coup, on n'y reconnaîtrait pas le Novarina du Drame de la vie et de L'Acte inconnu si l'un des personnages ne se nommait Le Mortel, qui parle souvent d'outre-tombe. Opérette imaginaire ? Opérette à surprise, plutôt.
La Scène :
Langues à vif, dialectes oubliés, latin animal, grec de cirque, patois en perdition ou néologismes jaillissants : le langage deValère Novarina est singulier. Du Discours aux animaux à L’Origine rouge, du Drame de la vie à L'Opérette imaginaire, il donne à voir le verbe théâtral comme substance charnelle, parfois douloureuse, souvent comique. Que voit-on sur scène ? Les acteurs chutent. Souffrent-ils vraiment ? La passion qui s’offre devant nous est-elle celle de l’acteur ou du langage ? La parole est-elle notre matière véritable - comme le bois pour Pinocchio ? Sommes-nous en mots comme les pantins sont en bûches ? Sommes-nous les jouets de ce que nous entendons ? Comment se développe et s’explique dans l’espace, comment se déplie le tissu respiré du langage ? Comment le spectateur se souvient-il de l’envers des mots et toujours du négatif de la scène précédente ? Pourquoi l’acteur entre-t-il ? Que voit-on dans le langage ? Rien ? Toutes les choses ? Est-il notre chair ? Est-il la matière même ? Le langage est-il l’Acteur de l’Histoire ? Retournant sur les lieux de L’Origine rouge, Valère Novarina poursuit et précise sa recherche d’un théâtre où le spectateur et l’acteur seraient agis par la force “hallucinogène, salvatrice et terrifiante” des mots - et où sur scène, par instants, la parole se verrait.
Le babil des classes dangereuses :
Boucan animal, concert des tuyaux. Bal, poussée des chars, tout le monde qui roule, monte au poteau. A ceux qui creusent, qui poussent sans fin, brandissent l'outil, Bouche et Oreille répètent toujours : le Babil des classes dangereuses, faut qu'il cesse ! Au repas les paroles ! Au concert les museaux ! Muséum des nourritures, des maladies dans la parole et des repas des animaux. Antipodistes et hommes-canons, record des morts et course en trou. Entrée du défilé par la sortie. Gendrée du perpétuel des morts, dialogue des matières, musée des mixtures. Chute de l'épisode de reproduction en cours. Encore pire ! Au moteur métronomique ! A la machine à réciter la suite ! Allegro perpétuel. Les langues luttent dans les postures. Bouche et Oreille reviennent toujours, faire le refrain, remettre au pas, conduire au point et asphyxier. Chaîne de résurrection. A reculons, dans la représentation continue, le numéro le plus difficile du monde, des mots horribles, sonoribus, l'homme portant rythmus, le coeur son métronon.
Le Jardin de reconnaissance :
Le Jardin de reconnaissance : une 'cavatine' en ce sens que le dialogue y vient, plus que jamais, creuser l'espace. Trois personnes dans un jardin : un Bonhomme de terre, une femme changeante ; la troisième est un passe-muraille : La Voix d’Ombre. Ils ne reconnaissent ni l’espace, ni notre langue ; ils s’insoumettent à l’image humaine. Ils interrogent notre sexualité et notre séparation. Pourquoi sommes-nous faits de temps et cependant étrangers à lui?
Le Vivier des noms :
Le Vivier des noms est d'abord le titre d'un carnet deValère Novarina, entrouvert par L'Enfant Animal à la fin du Vrai Sang qu'il a mis en scène en 2011. S'y sont accumulés ce que l'auteur appelle logaèdres,logolithes, logogrammes et anthropoglyphes, une multitude de noms de personnages qui prolifèrent parfois d'eux-mêmes et qui jouent dans l'espace et dans le corps du spectateur. Une logique circulaire et réminiscente, comme au cirque, dans un ordre vivant parce qu'inachevé. Cette forêt de noms est la seconde qu'exploreValère Novarina. En 1986, sa première mise en scène, Le Drame de la vie, laissait déjà libre cours au déploiement de 2 587 noms, dans une entrée perpétuelle. Aujourd'hui, en cinquante-deux scènes, ces « esprits-verbaux », ces mille objets seront émis, énoncés, projetés, hasardés, risqués dans l'air par onze cents personnages appelés par leur nom – mais qui ne se montreront pas tous. Valère Novarina place, au milieu de ces noms, l'Historienne qui ordonne que l'histoire commence : le chien Uzedent sait qu'il n'apparaîtra plus, les Antipersonnes préparent un mauvais coup, l'Acteur fuyant autrui démontre pour la énième fois le contraire de sa pensée, le Ministre de l'extérieur proclame le latin langue vivante, les Enfants pariétaux viennent tous les quarts d'heure vider un sac d'idées toutes faites… En deux heures onze, la scène se défait, se refait, s'emplit de rébus. Le temps respire : personne ne l'avait vu. Les acteurs cheminent sur le tranchant du langage, entre mots qui libèrent et mots qui asservissent.
Le vrai sang :
Le modèle secret est peut-être Faust – non celui de Goethe – mais un Faust forain vu enfant à Thonon dans les années cinquante, joué entre deux airs de Bourvil par Gugusse, le « célèbre clown de la Loterie Pierrot ». Faust-Gugusse prétendait que toute notre vie avait lieu « en temps de carnaval », puisque le finale en était un « adieu à la chair » ; Mme Albertine, sa comparse dans le public, lui lançait, en trois mots, de prendre ça comme un don, une offrande : et elle lui proposait toutes les quatre minutes de jouer sa vie aux dés… J’essaye de reconstituer l’ordre des scènes de cette pièce vue enfant… Le Vrai sang est un drame forain, un théâtre de carnaval, en ce sens que les acteurs, d’un même mouvement… incarnent et quittent la chair, sortent d’homme, deviennent des figures qui passent sur les murs, des traces peintes d’animaux, des empreintes, des signaux humains épars, lancés, disséminés : des anthropoglyphes. »
Lumières du corps :
Nourri des récentes expériences d'écriture et de mise en scène deValère Novarina (L'Origine rouge, La Scène) ce texte poursuit un travail de réflexion sur l'espace, l'acteur, l'écriture, la force de la parole, les pouvoirs du langage… Il prolonge, peut-être même achève, le chantier ouvert par Le Théâtre des paroles, Pendant la matière et Devant la parole. Lumières du corps c'est huit mouvements plus que huit parties. Le livre ne fonctionne pas du tout comme un recueil mais comme une fugue, un jeu de contrepoints où des thèmes simples font retour, reviennent autrement, sont repris avec variations, inversés, décomposés comme en optique. Dans Lumières du corps les mots sont des personnages et la pensée un drame respiratoire sur la page. Et, on l'a compris, si Lumières du corps est bien un essai qui développe des thèses et argumente, c'est aussi un essai lyrique, bien à la manière deValère Novarina, emporté, poétique, enthousiaste et enthousiasmant.
Observez les logaèdres ! :
Les logaèdres sont les mots, mais non-alphabétisés, non domestiqués et alignés et au repos, comme dans le dictionnaire. Les logaèdres sont plutôt les mots volants deValère Novarina. Les mots, ici, sont un peu considérés comme des oiseaux mathématiques : le logaèdre semble de la famille du gypaète et proche du logarithme. Les mots comme des corps physiques - (de la famille des polyèdres) - reposant sur une base (très instable !) ou utilisés librement comme les projectiles qu'on a sous la main. Jusqu'ici Valère Novarina avait toujours séparé ses mots écrits en deux groupes : ceux qui devaient apparaître prononcés sur la scène (ou dans le théâtre mental de la lecture) - et d'autre part, en face, les mots de la réflexion, ou plutôt de la "rumination théorique" : interrogation perpétuelle, lancinante, sur le langage, l'espace, le langage, l'espace, le langage. Réponse jamais donnée à l'Adamique interrogation : - D'où vient qu'on parle ? que la viande s'exprime ? Avec Observez les logaèdres !, point de frontière entre l'écriture fictive (la fiction étant de faire semblant d'être un être humain) et la pensée, ou théorie, ou réflexion ! Le mot logaèdre tient TOUT à la même distance de l'observateur qui ne se rendra pas compte s'il a affaire à de la fiction pensante ou à de la poésie didactique. Ce livre tourne autour cette interrogation, et même ; il s'y enferre : en quoi la littérature diffère-t-elle de la musique - en quoi le raisonnement est-il un rythme ? Sommes-nous des animaux musiciens ?
Voie négative :
Un jour de septembre, il y a assez longtemps, après m’être nourri pendant quinze mois du théâtre de Stéphane Mallarm? théâtre que l’on ouvre de ses mains ; scènes que l’on ressuscite ; lettres à qui nous redonnons vie en les respirant — je lus, dans mes initiales : Voie négative et pensai donner un jour ce titre à un livre… Le voici. Quatre textes, ou plutôt creusements, quatre variations sur une idée fixe. Écrit dans l’air, récit d’une rencontre avec huit acteurs venus d’Haïti. L’acte de la parole, descente dans notre langue jusqu’au latin et parfois bien plus bas. Niement, suite de notes prises au cours de quatre promenades dans la montagne. Entrée perpétuelle, version théâtrale, orchestrée (et pythagoricienne ?) du Vivier des noms.